Nombreux sont les systèmes aérauliques disposés en extérieur des bâtiments qui dans les centres-villes et les campagnes sont sources de gêne sonore et engendrent de nombreux conflits de voisinage liés à l’acoustique. Quelques conseils pour traiter cette problématique acoustique efficacement dès la phase de conception des bâtiments.

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22 09 2019

Le traitement des bruits aérauliques dans l'environnement

Nombreux sont les systèmes aérauliques disposés en extérieur des bâtiments qui dans les centres-villes et les campagnes sont sources de gêne sonore et engendrent de nombreux conflits de voisinage liés à l'acoustique. Quelques conseils pour traiter cette problématique acoustique efficacement dès la phase de conception des bâtiments.

Qu'est-ce qu'un système aéraulique ?

Les systèmes aérauliques regroupent l'ensemble des éléments de ventilation, de traitement de l'air, de climatisation, de dépoussiérage et de désenfumage. Leurs impacts sur l'acoustique du bâtiment est important tant en intérieur des locaux (augmentation du bruit de fond) qu'en extérieur (émergence acoustique environnementale).

Quelle démarche mettre en œuvre pour traiter la problématique acoustique environnementale des systèmes aérauliques ?

Première étape : déterminer le niveau de bruit résiduel

La première étape consiste à quantifier le niveau de bruit résiduel environnemental. Ce type de mesure est effectué par un bureau d'études acoustiques suivant une norme précise (la norme NF S 31-010) durant une période résiduelle, c'est à dire sans fonctionnement des installations techniques à traiter acoustiquement. Dans le cadre de systèmes aérauliques susceptibles de fonctionner jours et nuits, il sera généralement initié des mesures acoustiques environnementales sur 24h00 minimum. Le choix du point de mesure acoustique est également primordial. En amont de tout nouveau projet, il sera systématiquement préféré le point le plus critique (habitation la plus proche, par exemple).

Seconde étape : identifier la chaîne aéraulique et calculer les contributions acoustiques

La seconde étape consiste à identifier intégralement la chaîne aéraulique : depuis les sources, jusqu'aux bouches extérieures. La chaîne aéraulique est ensuite subdivisée en sous-systèmes acoustiques : la nature des sources (moteurs, extracteur, etc..), la nature des conduits, les vitesses d'air, les coudages/repiquages et changements de sections divers, les grilles…

Chaque sous-système a des effets atténuateurs ou générateurs de bruit. La plupart des effets acoustiques de chaque sous-systèmes sont documentés dans la littérature technique [1] et [2]. Leurs contributions permettent de calculer un niveau de puissance acoustique en sortie. Suivant la distance source/récepteur, ce niveau de puissance est convertit en niveau de pression acoustique environnemental en tenant compte de la directivité et d'éventuels effets topologiques.

Dernière étape : calculer l'émergence acoustique environnementale

L'émergence acoustique est calculée au(x) point(s) d'études à partir de la différence entre le niveau de bruit issu des installations aérauliques et le niveau de bruit résiduel mesuré in situ. Suivant la durée cumulée de fonctionnement des installations, l'émergence est réglementairement limitée. Pour un fonctionnement continu, l'émergence ne devra en aucn cas dépasser 3 dB(A) de nuit (entre 22h00 et 7h00) et 5 dB(A) de jour (entre 7h00 et 22h00).

Quelques solutions efficaces sur le traitement de l'acoustique des systèmes aérauliques

De nombreuses solutions sont disponibles pour le traitement des systèmes aérauliques. Leurs choix dépend de la bande fréquentielle acoustique à traiter ainsi que de nombreux autres paramètres liés aux fluides : pertes de charges, vitesses d'air, encombrement, classement feu... La pluspart des traitements sont opérés par des silencieux aérauliques qui embarques des matériaux poreux et autres absorbants phoniques. Ils peuvent être rectangulaires ou circulaires. Le traitement à la fois des basses et hautes fréquences nécessite généralement la mise en œuvre de plusieurs silencieux sur une même chaîne aéraulique. Il s'agit d'une stratégie basée sur des silencieux primaires (au plus proche des sources) et secondaires (à proximité des bouches et de diffuseurs).

Le choix des grilles est également important : elles sont sources de la plupart des sifflements et bruits à hautes fréquences. Une optimisation est systématiquement nécessaire suivant l'exposition sonore des installations.

[1] Bruno Pasquet. Sources de bruit dans les installations de traitement d'air. AICVF, 2012.
[2] R.H. Warring. Handbook of noise and vibration control, 5th edition . Trade and Technical Press.

À propos d'Acoucibe

Acoucibe est un cabinet d'expertise acoustique. Fondé en 2015, Acoucibe oriente les choix techniques de ses clients en leur permettant d'optimiser les coûts de conception dans le respect d'un haut niveau de confort acoustique.

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